In March 2012, New York State Senator Tom O’Mara proposed legislation that would require website administrators to delete comments posted by anonymous users upon request. Policymakers believe that banning anonymous posts will curb those who might partake in cyberbullying and online harassment, as it increases the accountability and responsibility of the post’s author. Many believe that it is the Internet’s anonymity that has allowed cyberbullying to proliferate. Users are often able to send hurtful messages to others without having to fear any negative consequences. Thus, anonymity can allow users to say things online that they wouldn’t otherwise say in real life.
However, others believe that the Internet has flourished particularly because it has allowed users the anonymity needed to express themselves freely. Freedom of expression is considered a cornerstone of democracy; it respects human dignity by allowing citizens to both freely express their own thoughts, and to hear the variety of opinions and ideas that is necessary to make informed decisions. Banning anonymity could hinder this freedom, as people might not feel safe to express controversial or unpopular ideas if the message is permanently attached to their identity. As Carole Lucock and Katie Black argue, anonymity allows the expression of “otherwise unpopular or socially repressed ideas.”[1] Thus, limiting anonymity online could have serious implications for freedom of expression, and democracy in general.
Lucock and Black also argue that while American courts have a robust history of protecting anonymous speech, Canadian courts have not necessarily followed suit.[2] Despite this, a respect for anonymity can be seen in the recognition of an author’s moral rights in Canadian Copyright Law.[3] Moral rights guarantee a creator’s right to be either anonymous or not, in association with works they have created.[4] Disallowing anonymous postings online could violate the author’s moral right to anonymity. As online communications should be protected by copyright law, a Canadian legislator might not be able to propose a law similar to Senator O’Mara’s proposed bill.
The anonymity afforded by the Internet can also help adolescents develop their identity and experiment playing various roles,[5] a chance they might not otherwise be afforded. One study has shown that anonymity can also help adolescents worry less about what others think about them.[6] The online environment can also offer teens different levels of anonymity, whereby they can choose how much information to disclose.[7] For example, in social messaging systems, a teen could choose to reveal their name, but choose not to upload a photo. This feature lets teens control their identities and how much information others can know about them. By instilling values of digital citizenship early on, we can ensure that teens are equipped to use anonymity as a tool to protect their privacy instead of as a means to cyberbully others. Thus, the benefits of allowing anonymity, along with a concern for privacy and freedom of expression, should make us think twice about banning anonymity online.
Read the text of Senator O’Mara’s proposed legislation here. Read our article on anonymous postings here, and on how teens use anonymous social network FormspringMe here.
Devrions-nous proscrire l’anonymat en ligne?
Au mois de mars 2012, le sénateur de l’état de New York, Tom O’Mara, a proposé une loi voulant que les administrateurs suppriment les commentaires publiés par des utilisateurs anonymes, s’il y en a la demande. Les décideurs croient que cette action refrénera les cyberintimidateurs et les cyberharceleurs d’agir parce que la suppression des commentaires implique la responsabilité et la reconnaissance de l’auteur de la publication. Plusieurs pensent que l’anonymat sur Internet a mené à la prolifération de la cyberintimidation. Les utilisateurs sont souvent capables d’envoyer des messages haineux sans avoir peur des conséquences néfastes qui s’en suivent. Ainsi, l’anonymat permet aux utilisateurs d’émettre des commentaires qu’ils n’auraient probablement pas dits dans la vraie vie.
Toutefois, d’autres personnes pensent que l’émancipation de l’Internet est due à l’anonymat permettant aux utilisateurs de s’exprimer librement. La liberté d’expression est un des piliers de la démocratie; elle respecte la dignité humaine en permettant aux citoyens d’exprimer leurs opinions et d’entendre la variété d’opinions et d’idées nécessaires pour prendre des décisions éclairées. Bannir l’anonymat peut nuire à cette liberté parce que certaines personnes peuvent être mal à l’aise à l’idée d’exprimer des idées impopulaires ou controversées, surtout si leur publication est liée à leur identité. Selon Carole Lucock et Katie Black, l’anonymat permet l’expression « d’idées autrement impopulaires ou marginalisées ».[1] Ainsi, limiter l’anonymat en ligne pourrait avoir des répercussions sur la liberté d’expression et sur la démocratie en général.
Lucock et Black soutiennent que la Cour canadienne n’a pas nécessairement imité la loi américaine qui défend le discours anonyme.[2] Malgré cela, le respect de l’anonymat peut être demandé en reconnaissance des droits moraux selon la loi canadienne des droits d’auteur.[3] Les droits moraux garantissent le droit d’un créateur de signer ou non, conjointement aux autres œuvres créées.[4] Bannir les publications anonymes pourrait violer le droit moral à l’anonymat de la part d’un auteur. Même si les communications en ligne devraient être protégées par le droit d’auteur, un législateur canadien pourrait être empêché de proposer un projet de loi similaire à celui du Sénateur O’Mara.
Sous le couvert de l’anonymat, les adolescents, grâce à Internet, peuvent faire du travail sur eux-mêmes et jouer différents rôles[5], chose qui est difficilement facile à faire autrement. Une étude a montré que l’anonymat peut aider les jeunes à moins se soucier de ce que les autres pensent d’eux.[6] Le cyber espace offre aussi aux jeunes différents niveaux d’anonymat, ce qui leur permet de choisir le nombre de renseignements qu’ils diffusent.[7] Par exemple, sur un réseau social, un adolescent peut choisir de donner son nom, sans toutefois téléverser sa photographie. Cette option permet à un adolescent d’avoir la mainmise sur son identité et sur le montant de renseignements qu’il diffuse. En inculquant des valeurs de responsabilité civile en ligne à nos jeunes, nous pouvons être certains que ceux-ci sont équipés pour avoir recours à l’anonymat pour protéger leur confidentialité au lieu de faire de la cyberintimidation. Alors, les avantages de l’anonymat, de l’intérêt pour la vie privée et de la liberté d’expression devraient nous faire réfléchir à la potentialité de bannir l’anonymat en ligne.
Vous pouvez accéder au projet de loi du Sénateur O’Mara ici. Pour lire notre article sur les publications anonymes, cliquez ici, et pour consulter l’article sur le réseau social anonyme FormspringMe, cliquez ici.
Traduit et édité de l’anglais par Amélie Lemieux
[1] Carole Lucock and Katie Black, “Anonymity and the Law in Canada”, from Lessons From the Identity Trail: Anonymity, Privacy and Identity in a Networked Society, edited by Ian Kerr, Valerie Steeves, Carole Lucock. (Oxford: Oxford University Press, 2009): 468.
[3] Copyright Act, section 14.1.
[5] see Sherry Turkle, Life on the Screen: Identity in the Age of the Internet. New York: Simon and Shuster, 1995.
[6] Patti Valkenburg and Jochen Peter, “Online Communication between Adolescents: An Integrated Model of Its Attraction, Opportunities and Risks”, Journal of Adolescent Health Volume 48,Issue 2 (February 2011): 121–127.